Le feuilleton de tournage

"Un tournage - Une image - Une anecdote"

Du 14 au 22 juin, nous avons tourné une partie de "Premiers Jours", un film qui rend hommage à la mise en service de la Cour du Languedoc à Metz Borny en 1968... Le scénario s'inspire de faits réels et d'anecdotes relatés par les habitants ayant vécu dans la cour en 1968...


  • Jour 1 : Chez les Lapoivra




  1968, les premières familles s'installent rue du Languedoc.  A deux pas, des ouvriers construisent un ouvrage en profondeur en plein au milieu des blocs... Les enfants racontent à leurs parents ce que les ouvriers leur ont murmuré :

"On a parlé avec les ouvriers... "
"Vous ne devinerez jamais ce qu'ils sont en train de fabriquer..."
"... Ils vont contruire une grande piscine !!!"

C'est ainsi que la rumeur s'est répandue dans tout le quartier...


  • Jour 2 : Le mec des alloc...




  On le voyait arriver de loin dans le quartier, avec sa mallette pleine de billets menottée au poignet... Il entrait dans les immeubles et sonnait aux portes mais tout le monde savait de qui il s'agissait bien avant d'ouvrir car  depuis plusieurs minutes les enfants dehors s'écriaient:

"C'est le mec des alloc ! C'est le mec des alloc !"

Et oui, en 1968, à Borny comme ailleurs, les allocations familiales étaient encore souvent réglées en espèces à domicile par un agent de la CAF qui faisait sa tournée !

  • Jour 3 : Les 5 secrétaires


  Borny, 1968, les fameuses 5 tours sont construites, le directeur du crédit immobilier et l'architecte Jean Dubosquet ont bien du mal à nommer les tours... Le directeur à alors une idée et appelle ses secrétaires... 

"Mesdames, nous avons décidé de nommer chacune des 5 tours principales de Borny
en utilisant vos prénoms : Arielle, Bernadette, Christiane, Danielle, Marcelle.
Marcelle... Plus personne ne s'appelle comme ça aujourd'hui, quel est votre signe astrologique ?"
"Capricorne Monsieur"
"Alors ce sera Capricorne ! "


  • Jour 4 : Borny Love Story...




  L'architecture n'est pas incompatible avec le "glamour..." Il n'a pas fallu longtemps en cet automne 68 à l'architecte "Jean Dubosquet" (ici incarné par le comédien Valéry Plancke), Jean Dubuisson en vrai, pour fondre devant les doux charmes de "Luce Ortal" (incarnée par la comédienne Amandine Truffy), une habitante de la tour Arielle à Metz Borny...

"Je m'appelle Jean..."
"Oui, je sais..."

Celà a suffit !

C'est ainsi que l'un des plus célèbres architectes français de l'époque est devenu,
qu'on le croit ou non, un habitant épisodique du quartier et d'une tour qu'il avait dessinés...


  • Jour 5 : Dingue de spirographe !




  Dans la pièce d’un appartement, une petite fille est occupée à réaliser des dizaines de dessins… Dans les années 60, le spirographe fait son apparition. Toute une génération se souvient encore de ces guides en plastique vendus dans le commerce qui permettaient de défier la géométrie et de réaliser des dessins étonnants. Pour les besoins du film et pour cette scène en particulier, 250 spirographes ont été réalisés par les enfants de la cour du Languedoc de l’atelier arts plastiques encadré par Céline Targa.


  • Jour 6 : Rafaella




  Luce Ortal a pris de l'âge. Elle regarde à la fenêtre et elle se demande ce qu'est devenu Borny.
 Le personnage est ici incarné par Rafaella, une habitante de la cour du Languedoc. Elle en est la pionnière ! C'est en octobre 1968 qu'elle a emmenagé là, avec son mari et ses enfants. Le témoignage de Rafaella a en grande partie nourri le scénario du film...



  • Jour 7 : Au labo…




 Nos laborantins, ici incarnés par les metteurs en scène de « Premiers Jours », Julie Garelli et Bertand Sinapi, sont en plein travail. Leur concentration va très vite être perturbée par Luce qui entre inopinément dans la  pièce…

"FERMEZ LA POOOORTE !!!"

et oui, c'est comme ça qu'on fiche en l'air une heure de boulot dans un labo...

1968, c’est encore l’âge d’or de la photographie argentique. Cette scène du film est un petit clin d’œil à un atelier photographie argentique animé par Samira Meddahi qui s'est déroulé avec deux groupes d'adolescents de la cour du Languedoc durant les vacances de Mai. Ils ont pu découvrir toutes les étapes de ce procédé incomparable, de la prise de vue en passant par le développement de la « péloche », le réglage de l’agrandisseur, pour voir enfin une image apparaître sur du papier au fond d'un bac ! Ils ont même pu développer et accomplir un travail de cadrage et de comparaison du Borny d'aujourd'hui avec celui d'hier à partir de négatifs datant de 1970...
Tout un programme !


  • Jour 8 : Les rêves d'un vieux parking




 1968, un jour pas comme les autres, imaginez... une fête d'inauguration d'un lieu de vie tout neuf... C'est un peu une crémaillère pour 400 logements en même temps ! Tout le monde, petits et grands, avait mis ses plus beaux habits pour ce nouveau départ. Mais les discours des grands çà n'intéressent pas beaucoup les enfants qui préféraient s'échapper pour aller jouer dans le parking souterrain. Des petits de l'époque, devenus grands aujourd'hui, nous l'ont raconté pour vous et pour nourrir ces scènes de jeux d'enfants tournées aujourd'hui.

Le parking sous la cour n'est plus en service depuis longtemps, mais s'il pouvait parler, il en aurait des choses à raconter !

Des voitures de sa première jeunesse, Dauphine, P60, Simca 1000, 204 Peugeot, Fiat 500... ont dormi dans son ventre le week-end dernier avant des scènes de rue tournées lundi devant la tour Arielle, des enfants ont couru et crié dans ses allées aujourd'hui... Nous avons le sentiment d'avoir réveillé les rêves enfuis d'un vieux parking endormi.